Hello Witches 🔮 !
C’est la rentrée, et qui dit rentrée dit rush, éparpillement, potentiellement coup de blues…
J’avais donc envie de commencer avec un cycle de Yoga autour de notre énergie, et plus précisément, de son usage raisonné. Comment se recentrer, où se trouve l’équilibre entre plaisir et discipline… Ce sont les thèmes que l’on va explorer dans nos cours de Yoga à Tours, et dans cet article.
Ready ?! 🐦🔥 Découvre le Yoga de la rentrée : brahmacharya, ou apprendre à diriger son énergie pour une vie vibrante et alignée.
Brahmacharya : l’art de vivre avec mesure
Dans le Yoga classique, on explique souvent Brahmacharya (ब्रह्मचर्य ; Brahman = l’Absolu + carya = la conduite, le comportement) comme étant le principe du célibat, de l’abstinence. On doit notamment cette interprétation au fait que, lorsque les Yoga Sutras (enseignements du yoga) et d’autres textes sacrés indiens ont été traduits en anglais, l’Europe de l’Ouest était déjà bien infusée d’un esprit puritain…
Alors ici, je t’invite plutôt à repenser ce principe éthique du Yoga (Yama) comme une manière de vivre en accord avec ta réalité profonde, un appel à l’équilibre et à la modération quant à l’usage de ta force vitale.
On pourrait aller plus loin en disant que pratiquer Brahmacharya, c’est avant tout agir avec bienveillance, discernement et respect de soi. Car je crois qu’on sait tous.tes, au fond, ce qui draine notre énergie, notre lumière. Je crois aussi qu’avec du recul et une bonne connaissance de soi, on sait aussi ce qui pourrait nous recharger, et malheureusement, au nom de la résilience et de la productivité… on ne s’autorise pas ces petits plaisirs !
Kāma : retrouver du plaisir au quotidien
Dans les textes traditionnels indiens, Kāma fait partie des quatre puruṣārtha, les grands buts de l’existence, avec dharma — la voie juste, artha — les ressources et la prospérité, et mokṣa — la libération.
Le plaisir comme but en soi
Quand on imagine un.e yogi, on peut avoir cette image (assez clichée, haha !) d’une personne les pieds derrière la tête, vivant la montagne. On associe souvent le Yoga à la suppression des plaisirs des sens, à une discipline extrême (et c’est le cas de certaines traditions… ou selon notre définition de l’extrême ! 🤗) Pourtant, le plaisir n’est pas l’ennemi d’une vie consciente, bien au contraire !
Kāma, c’est le plaisir, le désir, l’amour, la beauté, les expériences sensorielles… Bref, tout ce qui donne un peu de goût et de paillettes ✨ à l’existence.
Refaire de Kāma un de nos objectifs ressemble de plus en plus à un acte militant de nos jours. QUI OSE encore faire quelque chose juste pour le plaisir, et non pour les résultats qu’on en obtiendra ? QUI OSE bouger pour le plaisir et non pour brûler plus de calories ?! Huum ….😉
Réapprendre à ressentir le plaisir
Ici, j’aimerais aussi que l’on repense notre définition du plaisir, qui, je crois, est très “mentale”, et beaucoup moins sensorielle. Nous vivons dans une société dans laquelle le “plaisir” est très lié à la récompense, à la réalisation d’objectifs et de résultats. J’appelle cela la “dopamine society” 😵💫. La dopamine joue notamment un rôle dans les mécanismes de motivation, de recherche de récompense… et on oublie peut-être sa sœur, l’ocytocine ! Elle intervient notamment dans les liens sociaux et l’attachement, dans ces moments de proximité et de contact avec les autres — un câlin à un.e partenaire ou à une petite boule de poils, par exemple. ❤️
C’est ça que j’entends par “plaisir mental” : le plaisir lié au résultat. Et on a fini par vouloir optimiser absolument tout ce qui nous fait du bien. Ressentir de la joie, ou du plaisir en soi, ne semble plus être une raison suffisante pour s’engager dans une activité. Un autre revers de cette quête de dopamine est qu’il en faut toujours plus pour nous combler, et qu’il est donc de plus en plus difficile de ressentir de la joie et du plaisir pour les petites choses du quotidien.
Je milite donc pour la joie sans raison, le plaisir du rien. 😉 Et que l’on réapprenne à faire certaines choses… simplement parce qu’elles nous font plaisir, sans objectif.
🪄Sors ton stylo et ton journal 📜: Prends quelques instants pour refléter sur la place que le plaisir a aujourd’hui dans ta vie ? Te semble-t-elle équilibrée ? Sinon, je t’invite à penser à une petite action, une chose que tu pourrais mettre en place dans ta semaine, simplement pour le plaisir.

Avoir une meilleure conscience de soi pour savoir ce qui nous nourrit
L’Ayurveda nous dit que lorsque nous sommes déjà équilibré.es, nous faisons plus facilement des choix qui nous amènent vers encore plus d’équilibre, des choix qui nous nourrissent. Lorsqu’au contraire, nous sommes dans un état où notre santé, notre énergie, notre alimentation, etc. ne sont pas optimales, alors nous avons tendance à avoir des désirs qui continuent de nous faire descendre« down the rabbit hole”.
Comment savoir si notre désir est un désir sain ou un manque qui ne demande qu’à être rempli ? Comment ne pas tomber dans l’excès qui, même s’il nous procure du plaisir sur le moment, nous retire notre belle énergie vitale sur le long terme ?
Avec une meilleure conscience de soi. Apprendre à s’écouter. Pour savoir ce qui est bon pour nous, pour se dissocier de nos pensées. Pour savoir où cela vaut le coup de mettre notre énergie.
Dans notre monde où la stimulation, la consommation et la vitesse sont reines, revenir à soi est un véritable bootcamp : un entraînement de notre cerveau, à chaque seconde. Rester présent.e. Prendre le temps d’une respiration avant de réagir. Repérer les automatismes, les pensées et les actions répétées qui nous épuisent et nous éloignent de la vie qu’on veut vraiment.
Prāṇa : notre énergie suit notre attention
Dans le premier Yoga Sūtra, Patañjali définit le Yoga comme citta-vṛtti-nirodhaḥ : l’apaisement, ou la cessation, des fluctuations du mental. Une invitation, peut-être, à observer aussi ce qui agite notre esprit et nous disperse.
Où se faufile notre attention chaque seconde ? Un message, une chose à faire, la peur de se lancer, la peur de ne jamais se lancer, l’envie de réussir, l’anticipation du futur à l’extrême… Peut-être aussi se perd-elle dans de doux (ou douloureux ? 🥲) souvenirs…
Oui, cette phrase était longue, mais comparée à ce que l’on fait subir à notre énergie chaque jour, ce n’est rien ! Nous sommes devenues de vraies passoires à Prāṇa, à être ici et là, et là encore ! Qui d’autre a souvent le sentiment de “ne rien faire”, et pourtant d’être totalement épuisé.e ? Qui d’autre court partout, encore et toujours, alors que la liste des choses à faire ne diminue pas ?
Aparigraha : le non-attachement et faire confiance à la Nature
Ouuuuuh ! On aime se dire qu’une situation difficile ou une période douloureuse ne va pas durer… mais quand on est en BLISS -état de bonheur suprême- total, c’est plus dur de lâcher prise et de rendre à Maman Nature ce qu’elle a eu la gentillesse de nous offrir, même l’espace d’un instant 😆.
Qui d’autre, au premier jour de vacances, à peine les pieds glissés dans le sable chaud, face à la mer, se dit : “Oh, j’ai pas envie de repartir ?” Hahaha.
Qui ne s’est JAMAIS lové.e dans les bras de sa.on partenaire en priant : “Oh please, ne pars jamais !” ? (Je profite de l’occasion pour reconnaître et apprécier à sa juste valeur le rôle de mes ex dans mon pouvoir de lâcher prise aujourd’hui 😂. )
Spoiler : Se répéter “t’attache pas, t’attache pas, t’attache pas !” ou venir bougonner aux oreilles des autres “mouais, t’façon ça va pas durer” à l’annonce d’une bonne nouvelle ne fait pas de nous des personnes plus alignées et heureuses.
Pour moi, réussir à apprécier ce que l’on a, sans s’y agripper, est plutôt un travail de confiance. De foi, même. Et puis, il y a le travail sur nos croyances :
À chaque rupture, à chaque fin de contrat, j’avais tendance à tomber dans le “je ne retrouverai JAMAIS une opportunité comme celle-là” ! Et depuis, j’ai changé mon état d’esprit. Chaque chose positive qui arrive dans ma vie, même si elle disparaît, est avant tout une preuve que c’est POSSIBLE. Et que sa disparition laisse la place à d’autres opportunités.
Pratiquer le non-attachement est une façon de ne pas utiliser notre énergie vainement. Que ce soit en mettant tous nos efforts dans des projets -ou des situations- qui ne peuvent plus durer, par exemple. Et croire qu’on recevra toujours ce dont on a besoin, au bon moment. 😉
La modération pour retrouver un équilibre
युक्ताहारविहारस्य युक्तचेष्टस्य कर्मसु ।
युक्तस्वप्नावबोधस्य योगो भवति दुःखहा ॥
« L’Union sainte [le yoga], qui ôte tous les maux, est pour celui qui mange avec mesure, se récrée avec mesure, agit, dort et veille avec mesure. »
Bhagavad Gītā, 6.17
Après la conscience de soi, et le non-attachement, la modération est un outil précieux pour utiliser notre énergie à bon escient ! Car chaque action, chaque pensée prend vie en échange d’un peu de notre énergie.
Donc même trop d’une “bonne” chose finit par nous coûter. Helloooo les sports intenses addicts 👋😊.
Je vous parle beaucoup d’énergie aujourd’hui, mais il va de soi que les répercussions d’un excès ou d’un manque de quelque chose se ressentent sur le corps et le mental, en se manifestant de différentes manières.
Nous sommes à l’image de Super Mama Nature : lorsque l’on prend trop, trop vite, à l’excès, sans laisser le temps au système de se rééquilibrer derrière, notre santé finit par en pâtir.
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Brahmacharya : diriger son énergie en pratique | Les cours de Yoga à Tours
Parce que Brahmacharya ne se réfléchit pas seulement sur le papier, j’aime nous rappeler qu’à chaque fois que l’on se retrouve sur le tapis, on plante une graine, une intention qui fait son chemin. Peut-être dans notre inconscient d’abord… mais une graine qui finira par germer si on en prend soin 😊.
Au fil de ce cycle de Yoga des des Femmes, nous allons explorer les différentes facettes nécessaires pour diriger notre énergie et vivre une vie vibrante et alignée !
Yoga à Tours | Les cours de septembre
Autour de la pleine lune de septembre, place à Kāma et au plaisir. Nous sortirons de la tête pour revenir dans les sensations, notamment à travers les salutations à Vénus et un travail d’attention porté jusque dans le bout des doigts. Une pratique pour remettre un peu de beauté, de plaisir et de présence dans le mouvement.
Et place à l’énergie de la nouvelle lune : nous reviendrons à la conscience de soi. Ralentir, observer, respirer, mais aussi travailler le centre et l’ancrage : créer des bases solides où revenir lorsque la tension monte et que l’esprit s’éparpille.
Le Yoga des Femmes en octobre
A l’approche de la pleine Lune d’octobre, nous explorerons le non-attachement à travers une pratique plus dynamique et fluide. Apprendre à lâcher prise, à faire fi de nos attentes, de notre besoin de contrôle ou même de notre confort… et pourquoi pas aller jouer avec l’équilibre en explorant śīrṣāsana ☺️ (headstand) ? Bien sûr, avec des options pour que chacune puisse explorer à son niveau.
Enfin, autour de la nouvelle Lune, nous reviendrons à la modération. Une pratique pour retrouver notre centre et notre ancrage, avec notamment les salutations à Mercure, avant de terminer par un Yoga Nidra pour revenir au calme et laisser l’énergie se déposer.
Bien utiliser notre énergie pour une vie vibrante et alignée
Brahmacharya, c’est peut-être avant tout apprendre à utiliser notre énergie avec mesure, dans une société où les stimulations, les sollicitations et les tentations sont partout. Savoir ce qui nous nourrit, ce qui nous disperse, ce à quoi on s’accroche… et ce qui mérite vraiment notre énergie.
Mais si tu ne devais retenir qu’une chose de cet article : garde assez d’énergie pour remettre du plaisir dans ta vie. Retrouve les plaisirs simples, profites-en à 300 %, sans chercher à les retenir, en acceptant que tout a une fin.
Et pour ça, commence peut-être par renouer avec le « rien » : respirer, ressentir, être là, sans avoir besoin de faire quoi que ce soit.

